
Auprès du MAPAQ, qui enregistre toute exploitation porcine, qu’elle soit commerciale ou non, le nombre de fermes enregistrées en production porcine s’élève plutôt à 177 dans la région, totalisant un inventaire de 398 026 têtes à travers le territoire.
En somme, l’an dernier, ce sont cependant 462 258 porcs provenant de l’Estrie qui ont été abattus pour faire la commercialisation de leur viande.
« [Les fermes porcines] sont assez diversifiées en Estrie, analyse M. Pagé. Il y a un peu de tous les secteurs. Dans la production porcine, il y a trois secteurs, soit naisseur-finisseur, naisseur et engraisseur. On retrouve ces trois types de production en Estrie, certaines sont petites et d’autres sont un peu plus grosses. Il y a aussi des fermes familiales. Un peu de tout. »
Le dernier siècle a été marqué par une diminution marquée du nombre d’éleveurs au profit d’une concentration et d’une spécialisation de la production à l’échelle du pays, et même du continent, principalement pour des raisons économiques. Néanmoins, l’Estrie a tout de même vu son nombre de porcheries spécialisées dans l’engraissement passer de 98 à 135 entre 2007 et 2016, selon les registres du MAPAQ.
Maximum autorisé
Avec ses 3996 têtes, le projet de la ferme Érabboeuf à Valcourt n’est pas le premier d’une telle ampleur à s’implanter en Estrie, confirme la Fédération. Il s’agit en fait, à quelques têtes près, du maximum autorisé pour de l’engraissement de porcs par le ministère de l’Environnement.
Depuis 2018, le Règlement relatif à l’évaluation et l’examen des impacts sur l’environnement (REEIE) fixe le maximum possible pour un élevage avec gestion de fumier sous forme liquide — l’avenue commune en élevage porcin — à 800 unités animales, plutôt qu’aux 600 auparavant accordées. Les producteurs désirant aller au-delà de cette limite doivent alors faire l’objet d’un BAPE (Bureau d’audiences publiques sur l’environnement) s’ils désirent aller de l’avant.
Cinq porcs d’engraissement ou quatre truies sont considérés équivalents à une unité animale. « Par exemple, mon élevage est de 3200 truies, ce qui équivaut au maximum d’unités animales », avance M. Pagé, dont la ferme est située à Saint-Camille.
Normes environnementales
Avant de se concrétiser, toute nouvelle ferme doit se montrer conforme avec l’ensemble des critères exigés par le Règlement sur les exploitations agricoles (REA). Une étape qu’a franchie le projet de Valcourt auprès du ministère de l’Environnement.
« Les critères d’exploitation en respect avec le REA, se définissent par des normes d’aménagement des installations d’élevage (localisation et étanchéité des infrastructures) auxquelles s’ajoutent des distances séparatrices établies par le Règlement sur le prélèvement des eaux et leur protection, explique le porte-parole régional du Ministère, Frédéric Fournier. Le REA prescrit également des normes de dépôts maximaux de phosphore pour l’épandage de matières fertilisantes sur des parcelles en propriété, en location ou par ententes d’épandage en fonction des cultures pratiquées et de la richesse des sols en phosphore. Les doses d’épandage et autres modalités décrites dans le plan agroenvironnemental de fertilisation, document signé par un agronome, viennent compléter le portrait des exigences auxquelles sont soumises les exploitations agricoles lors des activités d’épandage de matières fertilisantes. »
À ces normes environnementales s’ajoutent différentes actions volontaires des éleveurs pour veiller sur le territoire, ajoute Sébastien Pagé. « En Estrie, on a fait plusieurs campagnes dans les dernières années pour identifier les puits, autant ceux des producteurs que ceux de leurs voisins. On rend les puits visibles avec des pancartes. Ça permet de s’assurer que les distances d’épandages sont respectées par exemple entre une parcelle de terrain et un puits résidentiel, même si on fait épandre à forfait », donne-t-il en exemple.
Le Québec, grand exportateur
Plus importante province canadienne exportatrice de ce secteur, le Québec vend 70 % de son porc à l’étranger. Les États-Unis, le Japon et la Chine sont les plus grands acheteurs parmi plus de 80 pays.
Selon le MAPAQ, la valeur des exportations de viande de porc québécoise augmente de 7 % chaque année depuis l’an 2000. En revanche, sa consommation au pays oscille vers une diminution marquée depuis les années 80. Entre 1980 et 2019, la viande de porc consommée annuellement par Canadien a diminué de 31 % (de 32,16 kg à 22,16 kg en poids abattu) selon les données de Statistiques Canada.
Les consommateurs québécois ont consommé pour 72,7 M$ de viande de porc importée en 2017. En comparaison, pour la même année, les exportations québécoises de porc étaient de 1,68 G$, faisant de la province le plus important exportateur de porc du pays et lui accordant 6 % des parts de son commerce mondial.
Si on exporte, alors pourquoi importe-t-on ? Principalement pour répondre à la demande de coupes précises que certains cherchent à acheter en gros volume au moment où ils en ont besoin, répond la Fédération. « Il ne faut pas se cacher que ce sont les grosses chaînes américaines qui font ça », explique M. Pagé.
La viande de porc se classe au troisième rang de la viande consommée par les Canadiens. En 2018, sa part de vente était de 21 % dans le comptoir des viandes fraîches et congelées des grands magasins du Québec, derrière le bœuf et la volaille.
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Parlons de « mégaporcherie »
Le mot « mégaporcherie » est souvent utilisé pour désigner de grandes productions porcines. Or, ce terme fait lui aussi l’objet de débats. L’Office de la langue française définit le terme « mégaporcherie » par un « porcherie où l’on engraisse un très grand nombre de porcs destinés à l’abattage », ce qui laisse le nombre de têtes d’une telle production assez flou. Le MAPAQ explique pour sa part ne pas l’utiliser, tout simplement. « Au Québec, ça n’existe pas des mégaporcheries, répond Sébastien Pagé, vice-président des Éleveurs de porc de l’Estrie. Quand on fait le comparatif avec des productions qui se font aux États-Unis ou ailleurs dans le monde, une production de 4000 porcs d’engraissement [soit le maximum au Québec], c’est très très petit. Ce sont des types de production qui peuvent rassembler 100 000 porcs et plus sur un même site. »
August 23, 2020 at 07:00AM
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Le porc se fraie une place en Estrie - La Tribune - Groupe Capitales Médias
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